Et , si le sens se dérobe…

Il s’  agit  d’  éléments  recueillis…Je  ne  suis  pas l’  auteur  des ces propos  , je  pose  ici  ce  que j’  ai  entendu , ce que  j’  ai  compris  à  ma  façon…C’  était lors d’ une  formation  à  propos de l’ annonce de la  maladie …celle  dont  le  diagnostic  effraie …le  cancer …

  »La  maladie  déconstruit… »

« Elle  me  rend  totalement vulnérable , sans protection aucune … »

C’  est  inéxorablement une  confrontation à l’ idée de la mort …aux  conséquences  du traitement…à  des souffrances  psychologiques ..un désarroi…

Un  bouleversement des priorités…un  avenir qui  se fige ..presque  un  non-  avenir …

Comment  un  groupe familial peut- il s’  adapter à  une cascade d’ évènements   de cette  nature …il  y  a  atteinte  physique , psychologique ,  émotionnelle …

Comment chaque  professionnel  peut -il s’ engager à  coté d’ une famille …d’  une personne  confrontée à  ce vécu…quelle position  soignante développer…quelle attitude adopter…sur la  base de  quelles valeurs..?

Comment prendre  soin…?

Ce qui  semble  fondamental  en  cette interrogation…ce  n’  est  non  pas de  donner  des réponses  cherchants  leur  légitimités et leur  bien fondé  en  des  arguments  techniques et  scientifiques …

Non , là  n’ est  pas  la question essentielle..celle – ci me  concerne de bien  plus  prés …

La  question  centrale  est  celle de notre  rencontre avec la  maladie et  le  soin …

 

Pour Simone Weil , l’  homme  s’ attend tout  naturellement  que  ce  qui  vienne  à  lui  soit  de l’  ordre  du  bien …c’  est  de l’  ordre  du  sacré …

Et  , pourtant  ,  la  maladie  apporte  tout  un  lot  de  souffrances …et  du bien  qu’  en devient  -il …?

Lors  de cette  épreuve les personnes  vivent la rencontre  avec  les  professionnels  avec  une  émotion particulière ..

Il y  a   une  dimension spirituelle  de cette  rencontre  …et  si l’  on se penche sur  le  passé…l’  on  constate  que  les  maldes , qui  en un  certain  temps  étaient pris  en  charge  par  des  soeurs étaient  accueillis …

L’ accueil , est  maintenant   laïcisé ..il se doit  toujours d’  être…

Et  , avec  la transformation de notre  monde où  l’  économie  et l ‘ esprit  scientifique ont  une  place  dominante …il  serait  bon  de  repenser l’  accueil…

Avant , la santé  ne se pensait  pas  comme  de nos  jours …et la  médecine  n’  est  pas qu’ une  technique  instrumentale  …

La  médecine ..le  domaine  médical   ne  peut  être  considéré  come  un  prestataire de service …

Prendre  soin renvoie  à  une  réalité  concréte  fondamentale  qui  est  celle  de  faire  des  soins …Est  sous  -  jacente la  façon  dont  les  soins  sont  pratiqués …quelque  soit  le  soin…

Le  soin débutant  dés l’  accueil  de la  personne ..l’  accueil  étant  complètement intégré dans  la  notion de soin …

Pour  Simone  Weil , les  êtres humains  ont  une  obligation …une  obligation  envers  les autres …obligation … »je  suis  votre  obligé « …  exprimé ainsi , apparaît la  distinction entre obligation  et devoir …

Le  terme d’ obligation  renvoie  à  l’  intérêt  porté à  l’  autre ..l’  intérêt  pour  l ‘ individu…non  pour  la  société…

Ce  n’  est   pas l’  hôpital  qui qui  doit  être le  centre d’ intèrêt …le  centre d’ intérêt  est  le  sujet  avec ses émotions …

L’  obligation  dont  parle  Simone  Weil, c’ est   » se sentir  mu  par  quelque  chose » …un  besoin  spirituel  correspondant  aux  besoins fondamentaux  des êtres  humains …de l’  humanité …une participation active qui permet  à  l’  individu …à  l’  un  d’ être en lien avec  la  collectivité …

Lien  avec  la  collectivité …synonyme d’ enracinement …enracinement  essentiel  pour  l’  individu , vital quelque  soit  le  sujet et  qui lui  permet de construire sa place  en ce monde…

F.Dolto  parlait de ce lien  en ces termes là : » une  disposition  de rencontre  de mon  frère  humain … »

La  personne  malade ,  difficile  de  ressentir  son  vécu complètement  subjectif…ce  vécu  douloureux  qui  est  le  sien …experience indiscible    pour laquelle , elle – même  ne  sait  quels   mots  peuvent envelopper ses maux…

La  personne  malade  …cette  personne  vient  troubler notre  quiètude ..celle  où  nous  sommes  tous …de par  sa  maladie  …l’  effroi  suscité par  le  diagnostic …nous  amène  aussi  à  cotoyer  la  mort …

Nous savons  bien  que nous  mourons  tous  un jour , pourtant nous refusons  d’  y croire  et  …nous  mettons cette  vérité  de côté…
La  personne  malade vient  troubler  la  quiètude  de la personne  soignante  en  lui  attestant  la  réalité  de ce destin…

Alors  comment  prendre  soin …?

Prendre  sion , c’ est en  priorité  être  soucieux  de l’  autre …une attention  véritable  et  authentique …il  est  question d’  une tension ..tendre vers  l’  autre  et le rejoindre …s’ immerger autant  que  possible  dans  son monde émotionnel…
« Être  mu  de l’  intèrieur   »…vers  cet  autre  en  souffrance …

L’ empathie …compréhension  …approche qui se définit  davantage sur  le plan  intellectuel…

Est-  ce  la  bonne  approche …la  bonne  distance  pour  prendre soin de la  personne  malade …?

Collaboration psychologique  , serait  peut-  être un terme  plus  approprié…

La  question  centrale  de la  bonne  distance ……la  bonne  distance  , est  pas  de  distance  du  tout   …la  distance  éloigne…

Comment  puis -  je  atteindre  cet  autre  qui  est  loin …dans  sa  souffrance , il  est si  loin  de moi  …si  je  mets  de la  distance  , je suis  trop loin…

Dans  cette  approche relationnelle …le  mouvement  est ce qui  donne son sens  au  soin …

Un  mouvement  fondateur qui va  de l’ absence  totale de distance  à  une  prise  de recul …

Mouvement  créatif…inventeur  d’  une relation vivante  à  l’  autre  dans un  souci  authentique  et  dynamisant … Prendre  soin  tient  de ce mouvement  dynamique …il  est  question d’ une action  en train  de se réaliser …mouvement  permanent au  coeur  de la relation à  l’  autre …

Le  prendre  soin  se  construit , se réalise  en  permanence au  coeur  d’ une relation vivante …relation  qui  me  demande une  vigilance …une attention …  et une  certitude quant au  fait  que  jamais  je  ne  saurai avoir  une  vision totalitaire  et impartiale  de la  situation  de  cet  autre que j’  accompagne…

De  ma  place  d’ être humain  enveloppédans ma  subjectivité , je  ne  peux appréhender en  totalité  le  monde  subjectif  de  l’  autre  qui  demeure à  jamais  un  mystère  pour  moi…

Et  , ce qui est  essentiel de soulever est le fait que le  premier soin… »le  premier  soin  est le  soignant … »

Aspect essentiel  …reconnaissance de l’  Humanité  en chaque  individu…ne  pas  oublier  son  humanité …

Nous  sommes  tous  les  mêmes …tours  à  tours  minables  , puis  exceptionnels dans ce que  nous faisons …il  n’  y  a  pas  d’ un  côté  celui  qui sait  et de l’  autre  celui qui est  ignorant …

Nous  sommes  tour  à  tour  prèts et loin…

Donner  toute  sa  place  à  l’  humanité  qui  ne  peut  que nous  amener à rester le  plus  humble  possible …nous savons  si  peu  de  l’  autre …

Selon  Marie de Hennezel , le » soin  est sacrifié  sur  l’  autel  du  progrès  technique  et  du  monde  comptable « 

Dans  cette  vision là  du  monde , il  semble  y avoir   plus de préoccupation pour  la  maladie  que  pour  la  personne qui  en souffre..

Pour  Ricoeur,  ce qui  est  essentiel est le fait  que  chacun  ne  peut  que s’  autoriser une seule  éthique , celle de la rencontre avec l’ autre…et  accepter que c’  est cet  autre qui atteste  et  témoigne de la réalité  qui  est  la sienne…

Ainsi , en  fonction de cette  approche  de l’  autre  et  de  la relation  à  lui , comment  alors  envisager une  annonce …l’  annonce  qui déconstruit  en  une fraction de seconde une  vie , des projets  …?

Comment  réveler et  annoncer  un  avenir sombre    et  maintenir   pourtant l’  espoir …comment laisser  vivre  les  rêves au  dela  d’  un  destin  qui  se fige …?

 

Nous avons tous  au  cours  de notre  existence rencontré  des  événements qui   nous ont  percutés  de plein fouet …Traumatisme  du choc …

Sur  le  plan  psychologique …ébullition  de la  pensée…celle -  ci  ne  cesse  d’  être  mobilisée …dispersion angoissante …

L’  annonce…cet  instant  précis de  la  rencontre  avec la  forme  de  réalité que reouvre  pour  la  personne ce  pronostic…en  cet  instant  la  personne  peut avoir  le  sentiment  de devenir  fou…

Et  ,  là ,  au  coeur de  cette lutte , où  l’  individu  se débat entre  toutes  les  pensées qui  l’  assaillent avec la sensation de ne  plus  rien maîtriser en lui…la  demande se  cristalise et  prend  la forme d’  une requète à  laquelle toute personne soignante est  incapable  de répondre ..

La  personne ..l  » annoncée «   demande à  cet  autre  qui  lui  annonce cela …la  paersonne  demande …implore l’  « annonceur »  de  lui  garantir qu’ il va  guèrir…

Surtout , que  la  guérison  soit  au  bout  de  ce  chemin …

Et ,  cela ,  reste de l’  ordre de l’  impossible …

Le personnel  soignant  est  confronté  a  des  demandes relevant  de l’  impossible …donner  la  garantie  de guérison  à  une  personne atteinte d’ un cancer  …nul  ne  le  peut … 

Alors  ,  que  peut  – on  offrir à  ceux  que  la  vie  éprouve ainsi …?

Leur offrir  un  espace de paroles …où  le rêve  peut  encore être  permis …la pensée d’  un  avenir ..aussi …

La  proximité…être  proche  …être  au plus  proche  de  ceux qui  se sentent  perdus …avec un  personne  à  mes  côtés …même si  elle  ne  peut  ressentir  ce que  je ressens …même  si  elle ne  peut  intègrer ma  subjectivité …malgré cette limite  …

Avec une  personne à mes  côtés , dans un  présence  pleine  et   teintée d’ espoir …l’  espoir  que  chaque  instant peut  être   une  ouverture …un  moment  privilègié  qu’ il y  a lieu  de  vivre  en  profondeur…même  dans la  souffrance …

Même  dans la  souffrance ,  avec  cet  autre à  mes  côtés , je  me  sens  moins  perdu…

Cette  proximité  dérange ..un  monde  qui  est  devenu  aussi  cartesien ne  voit que  deux  aspect  de la  réalité …a  savoir  qu’  il  faut  choisir entre  l’  orgie  ou l’  ascèse…Ce  monde  -ci  est un monde  qui  en quelque  sorte  cautionne ce qui  tient  de la  division…

Alors  que  ce  qui est  essentiel  dans  l’  approche  soignante est  de savoir saisir le  moment  particulier qui va permettre  de faire lien avec l’  autre …

 

Essentiel  est ce  chemin au  côté  de  personnes en grande  détresse …ceux dont  il  est  dit  qu’  il n’  y  a  plus de traitement  à  proposer…

Comment  alors  prendre  encore  soin  de la  personne …? et se former  à  cela ?

Se  former  peut  être  vu  sous  un  angle  complètement individuel …je me  forme …le  partage  de reflexion  enrichi  la  mienne et  je  m’  imprégne de ce  qui  fait écho  en moi…chacun entend  et  prend  ce qu’ il veut  et  peut et  aperçoit dans  les  rencontres …

Chaque  personne  donne  naissance a  sa propre  forme … à partir d’  «   ingrèdients  » divers , ce n’  est  pas le  formateur qui  forme…

Et  ,  si  les  soins  s’  inscrivent  dans un  modèle  d’  apprentissage  classique …le  soin  ,  quant  à lui relève d’  une  autre  sphère…

Le  soin  est  un  acte  de  vie …

C’  est  porter  une  attention  particulière à quelqu’ un …ou  à  quelque  chose  que  l’ on  est  en train de réaliser…

Le  soin  ,  c’  est   dire  à  l’  autre  «   tu  es important  pour moi  » …c’ est témoigner à  cet  autre l’  importance qu’ il  prend  à  nos yeux…

Ce qui  permet  de constater  que  , malheureusement  , parfois  , des  soins  sont donnés  sans  prendre  soin de la  personne en  souffrance …

Il  arrive  que les actes de soins  soient  survalorisés  au  dépend de la  personne  qui  est  sujet  des soins …

Ce qui  renvoie  à  la  question de l’  intention …dans  quelle perspective  j’  agis …?

Ce  questionnement va  au-  dela  d’  une  exigence technique …il y a  la  la  question de la prise  en  compte de la  singularité  de la  personne …

Prendre  soin demande que  la  banalisation  soit évacuée …

Comme  l  ‘affirmait Hanna Harendt ..lorsqu’  elle  analyse  le  procès  de Nuremberg…ce  haut  fonctionnaire …si  bien  – intentionné à  bien  faire ce  qui  lui  était  demandé …cet homme  là  avait oublié que ces  actes  s’ adressaient  à  des  humains …

Un  oubli d’ une gravité  sans  nom…

Oubli  de l’ humanité …

Oubli  de  la sensibilité …

Oubli de la  singularité…

Et  ,  ce  qui  devient alors  essentiel est  de valoriser l’  attention  …maintenir  la  vigilance  , celle  qui permet que  l’ oubli ne  prenne  le  pas  dans  les  pratiques quotidiennes …

C’ est  là  que  le  » cadre « , la  personne  responsable de l’  équipe soignante doit  se montrer  exigeante…Il  est  fondamental que  le souci  de  prendre soin soit la  préoccupation  première de ce professionnel …

En  douceur …permettre  une  prise  de conscience …celle  de la  distinction entre le faire  sans attention …et  le faire  avec une  attention  à  la sensibilité  de la  personne en  souffrance …

L’  instrumentalisation …Mise  à  distance  …afin  de se protéger …discours  tenu régulièrement de ce besoin  de se protèger …  se « blinder »…  une proximité , peut - elle  être  possible ?

 

Proximité exige implication  personnelle…impliquer  sa personne en  cette  relation à  la  personne en  souffrance … » comment  je  me  glisse  dans les plis  de la  relation ? »

Et  ,  cela  va  de soi pour le  personnel  soignant  quel qu’ il  soit , au  sens  trés large  du terme…cela  va  de soi  ,  que  nous -  sommes là  pour prendre soin de…
Cela  va  de  soi , cela  est bien  entendu …

Pourtant , ce qui  est  souvent  bien  entendu, ne l’ est  finalement pas  du  tout …

 

Posons -  nous  alors  la  question ,  celle relative à  notre  civilisation  et  son  engagement …l’  engagement de l’  humain  en cette  civilisation judéo- chrétienne , celle  qui  est  la  notre…non celle  qui  est réduite  à des  pratiques religieuses mises  en place  par  des  hommes  , où  l’  existence  de  la  Charité peut  parfois  être absente…

 

Il  semblerait  que  l’  Humanisme  du  18 , qui  a  germé  bien  avant  ce siècle , toutefois…L’  Humanisme nous  ordonne , nous condamne …nous  exhorte à  lui – même…Il  nous  dit haut  et  fort …il  nous  le rappelle sans cesse ,  sans relache …sans faiblir …sans crainte …avec  conviction …

Il  nous  dit  cela : Soyez  Humain …SOYEZ   HUMAINS  , qui  que  vous soyez…quelle  que  soit  votre  fonction …place  sociale  …quel  que  soit  le  pouvoir dont vous  êtes détenteur…

SOYEZ  HUMAINS…!

Pourtant …personne  n’  est réductible  à  ses actes …et il  peut  paraître relever d’ un  non  sens de demander  à  quelqu’ un  d’  être humain…nous  sommes tous  des  êtres  humains…!

Seulement , là  est  la  question centrale  et  essentielle…Nos  actes  témoignent -ils d’ un  souci pour  notre  humanité…vraiment …sincèrement …véritablement…et  Authentiquement …?

 

Chaque humain  est  capable  d’  orienter  sa  vie …à  l’  exception  éventuellement  de personnes  qui   sont  atteientes d e graves  altèrations  mentales …nous  sommes tous  en  mesure d’  opèrer nos  propres  choix …

Condorcet  affirme  que  chaque  humain  est  aussi  en  mesure  d’  acquérir  des  connaissances …

Ainsi ,  pouvons  nous  sortir  de l’  obscurantisme …comme  celui  qui  permet  de comprendre  certaions  phénomènes  naturels …comprendre  ce qu’ il y  a leiu  de  connaître  du monde  qui nous  entoure …

Se  liberer  de  zones d’ ombres …entrer  dans une  sphère  de liberté , où la  connaissance de notre  environnement , connaissance humble  et  souple , ouvre  bien  des  horizons nouveaux…

L’ exemple …la  médecine …ridiculisée …méprisée  en  ses débuts…volonté  de ne  pas croire en  certains éléments  d’  une  importance capitale  ,  parce  que  non  visibles et  détectables pour tout  un  chacun …
Croyance  renversée  par  l’  usage  de  produits antisceptiques associée  à une  pratique  réflèchie garantissant des  régles  strictes en vue d’  éviter  toute  contamination quelle qu’ elle  soit …Vigilance  à ce qui  présente un risque d’ infection , tant la vulnérabilité  de  notre  organisme  est grande , notamment    lorsqu’il  est nécessaire  d’ y  ouvrir  une voie d’ accés aux organes et « matériau  « interne…

 

C’  est  C.Bernard  qui  a  permis à  la  médecine  de s’ inscrire véritablement  au  rang des sciences …Volonté  d’ établir comment  fonctionne le  corps  humain…les  savoirs  physico- chimiques permettant  de  comprendre  le  mécanisme du  corps humain …

Un procédé   qui s’ inscrit  dans la  démarche  expérimentale …une  objectivation  visant à  identifier  ce mécanisme  complexe à la  base de la  survie de l’  organisme…s’ en suit un  questionnement relatif  au  dysfonctionnement…repèrer ce qui  amène cette » machine  « complexe procèdant d’ une organisation minutieuse…qui  semble tenir de l’  ordre de la  perfection …tant le synchronisme et la  capacité de réajustement est  dans  certaines  situations précise  et automatique…

Intèrêt  pour le  fonctionnement  du  corps sain …afin  de  savoir  ce qui  dysfonctionne …ce qui  reléve dela  pathologie …le  corps en  souffrance…

 

« Cette  objectivation a pour  conséquence de mettre entre parenthèse la  parole  du  sujet… »

 

« Alors , il  est essentiel d’ opèrer un lien  entre  les  savoirs  et la  personne  face  à  nous… »

 

Dérive  qui  guette  la relation …lorsque les  savoirs  bio- médicaux envahissent  complètement notre  regard  sur  la  personne  qui  nous  fait  face…

 

« Il  est  intéressant  de se questionner sur  la  notion  de  » Bonne santé »…est-  ce l’  absence  de maladie …cela  ne peut  vouloir  signifier  cela…
Toute  personne peut  être  avoir  une  affection   quelconque…sans  qu’  il  soit  possible  de  dire qu’  elle  n’ est pas  en bone santé …il  en va  de même pour les personnes agées … »

« L’  approche  bio-  médicale  est  essentielle …elle  se doit d’ être accompagnée d’  une  approche  existentielle »

Et  ,  lorsque  confronté  à  cette  part  de la réalité où il  est  dit  » il n’  y  a plus  rien à  faire  » …ce  plus  rien renvoie  au  domaine  du  bio-  médical…en  terme  de raltin à  la  personne  en  souffrance  …ily  a  tant  à  réaliser  encore…l’  accompagner …et du  meiux  que  nous  pouvons  lui permettre de  ne  pas  se sentir  abandonnée..

 

 » Eviter de confondre la  fin  et les moyens »…c’  est Kant  qui  affirmait qu « il  faut  voir  en  chaque  être  humain  une  finalité  et  non  un  moyen » …

 

Et  ,  nous «   quelle  est la  finalité de notre action » ..?

«   A  bien  des  égards notre  civilisation  est  devenue celle  de l’  oubli des  fins et  de la sacralisation des moyens »..

L’  Humanisme  qui  nous  exhorte à nous  poser la  question  du  pourquoi  prendre soin de la  personne …de toute  personne …

Cet humanisme nous «   convoque quant au  Respect que  nous devons    porter à  chacun »…à  tous «   et à  celui  qui  ne  nous  respecte  pas …!

Anecdote qui  ne  doit  donner lieu  à  aucun  jugement …qui  n’  a  pas  un  jour  profèrer ou  même  seulement penser  ainsi …?

« Anecdote  : Une  personne  qui  au  cours  de  l’  exercice de  sa  profession  dit  ‘  je  ne respecte  pas  les  cons’ … »  Selectivité  du respect …

 

Selectivité  que le  respect  authentique  et  véritable  ne  peut  cautionner …le respect  se doit  d’  être  universel  …le respect  que  chacun  veut  pouvoir  nommer  ainsi pour lui même…

Le  respect  de l’  autre dont  chacun  se  veut  être  porteur  …pour  s’ inscrire  authentiquement  dans l’  absolu  du respect  ne  peut  véhiculer  un  tel  discours…

 

« Chaque  être  humain  est  équivalent  en  dignité …conviction que  chaque être  est  digne  d’ intèrêt… »

Aussi nous  faut -il  prendre  soin de tout  être  huamin ,  » même  si  nous  ne l’  aimons pas , ce  qui est  plus  difficile …pourtant cet  être est  aimé de quelqu’ un « pour un  autre  il  est  unique  et merveilleux « …alors ,  essayons  d’ imaginer  comment  nous  voudrions  que  nos  proches  soient  soignés…  et appliquons  cela  …

Appliquons nous  à  mettre  en oeuvre  des  soins ,  à  leur »  donner  une  juste valeur « …

« Impregnons  cette  valeur au  coeur  de notre  pratique  professionnelle « 

Démarche  essentielle  «   d’  intèriorisation des valeurs  » …celles – ci ne  s’  apprennent  pas , il y  a  lieu  de les faire siennes … »cette  intériorisation les  rend  vivantes  » …

Elle  permet  d’  « explorer des futurs  possibles  » ( Ricoeur)…

Elle  permet  la  perpétution de l’  « utopie , de ce pays  qui  n’  a pas  encore  de lieu »… »il  est  essentiel  que les  professionnels s’  autorisent  encore à  rêver  un  autre  futur…sinon  comment  se donner les moyens de le  créer  …?

Le  poids  de la  mesure  est  un  élément  déterminant ..mesure de ce que  nous  sommes – nous  mêmes  , tous  et chacun …importance  de la  «   considrération que  chacun  a  pour  lui – même…je  ne  dois  ni  me  déconsiderer , ni  me  sur-  considerer « … »de l’  humilité … »  l’  inscrire  au  coeur  de la  pratique  du  soin …

Cela  engage  aussi  de  » parler  avec  un personne  et non  seulement  de parler  à  quelqu’ un » …

 

S’ orienter vers un »  changement  de paradigme …prise de conscience  de la limite  du  paradigme  scientifique…exces  de  scientifique , d’ où nécessaire  recentrage du  balancier …celui  doit  remettre  en  équlibre la  finalité  qui  est  l’  Humain… » 

Et , cela  se  propage … »l’  oubli de  certaines petites  attentions  à  mettre  en oeuvre  au  coeur  du  soin …certains  de  ces  oublis  peuvent témoigner de l’ oubli  de la  personne »

Enjeux  complexe…et  demandant un  acceptation de sa condition d’  être humain limité …accepter  qui  nous  sommes  et se poser  en  une  juste  considération de  soi- même …reconnaître  sa  compéténce  …tout  autant son  incompétence  en certaines situations …

 

Le  milieu  professionnel  ambiant   » doit  promouvoir ce mode  de soin …le  soin  doit  devenir la  préoccupation  première…doit  permettre la prise  de conscience de la singularité  du  sujet …il  est  vital  de  parler de  sujet à  sujet … »

 

 

Et  ,  en  terme  pratique…l’  annonce …

Ne  sommes- nous  pas  soignants , malgré  nous dans  une  attitude qui  renvoie à  la  peronne  malade une  quète paradoxale …

«   Ne  me fait  pas peur avec  ton  cancer … »

« Qu’  est-  ce  qui  nous trouble  dans la  maladie  de l’  autre…? »

« Une annonce ne ressemble  jamais à  un  autre …nous  ne  sommes  jamais  vraiment  les mêmes…il  nous  arrive  de  nous  sentir  mieux  disposés  certains  jours , plus  vulnèrables  à  d’  autres moments …l’  annonce …nous  ne pouvons  jamais ,quelque soit  notre état  intèrieur  y  être bien  préparé…
Comment  vivre  bien  le  fait  d’  annoncer ce qui  va  faire  mal…

« Comment  être  prêt à  annoncer ce  qui  va  mal…? »

 

Faisant référence  à  l’  artiste  japonais Hokusai… »la grande vague « …celle  qui  submerge …qui  arrive comme  une menace  et  balaie tout  sur  son  passsage …pour  chacun  cette  vague  est  identifiée diffèrement …

De  même  , le  mont  Fuji …imposant  par  se taille  , sa  stabilité et les sommets  qu’ il  atteints…sa capacité  à rester  intact  malgré  le déferlement  de la  vague …

Ce  mont  Fuji ,  recouvre   lui  aussi pour  chacun  , une  autre réalité…

Chacun  reçoit et  vit  les  bouleversements  selon  ce qu’ il  est  ,  d’ où il  est …chacun prend  appui sur  d’  autres  supports ..;ayant  ous  la  même  finalité …arriver  à  se  maintenir hors  des flots …

Et , chacun ,   au  fond  de lui , ce  mont  Fuji , qu’  il sait  invincible  malgré la fureur  du  déferlement …à  chacun de  découvrir ce qui pour  lui  symbolise ce mont…

 

Notre imaginaire est  plus  que  jamais  à  l’  oeuvre …et  chacun  , ne  sommes  pas  devant  les mêmes  représentations de la maladie .. ».notre  vie , notre  parcours donne  une teinte à  notre  approche  de  la  maladie »

 

La personne est-  elle  en  mesure d ‘ entendre ce que  peut  lui  être d it  à  p^ropos  de cette maladie …?

Comment  savoir  ce que  la  personne  va  entendre…?

Comment  savoir ce q ue  la personne peut  entendre …?

Comment  savoir  combien  de temps il lui  sera  nécessaire  pour  faire  sienne  une réalité que  nul  autre  ne  peut  précisément lui  donner  à  comprendre …?

 » Quels mots  peuvent  entendre les personnes  affectées par  la  maladie ..? »

Question  de vocabulaire…de terme …vigilance ..prudence  …sans  artifice  toutefois …

Celui  qui  annonce fait  naître un  questionnement  …celui  à qui la  maladie est  annoncée …cette  personne là se questionne … » que  sait  véritablement  le  professionnel ? »

Autre question  fondamentale ..quels  sont  les propos tenus par  la  famille …quels  mots…quels  écho  vont -ils  renvoyer à  l’  annoncé  au  sujet  de cette annonce …?

«   Comment  la  personne  va-  t  -  elle assumer la peur , la  compassion véhiculée  par  tout  l’  entourage…? »

Tant  de personnes   transmettent des  messages  inquiètants à la  personne   malade…tous les  professionnels  qui  vont  cotoyer la  personne , de la  secrétaire au  spécialiste qui  effectue  des  examens  spécifiques …

Qui va  dire  la réalité découverte  par  ces investigations…?

« Surtout , comment  la  dire …les  mots …nommer  ,  c’  est  faire  exister « 

 

Surgit  une interrogation  … » depuis  quand  …depuis  combiennde temps  cette maladie est-  elle  présente  en  moi ? »

« La  maladie n’  a  pas d ‘  état  civil …il  est  impossible  de  dire  le  début , et  difficile  de  faire un  pronostic  précis »

 

Ce  qui est  évident ,  c’  est  «   le sentiment d’ impuissance  face  à  cet  évenement …face  à  l’  angoisse … »

 

Et  ,  de sa place  de soignant , sommes -  nous  conscient  «   des projections  …nos  propres  projections …je  vois  son  cancer …je  vois  le  mien … »

 

L’  annonce …

Se dérober …sans  le  vouloir …sans  pouvoir  faire  autrement …avec  un  vocabulaire trés  complexe…reporter  le  moment et  discuter entre d eux  portes…

Lourd …le  contexte et ce qui  est déclenché…alors  …tolèrance …malgré  cette loi  qui  dit  que  la  personne malade  a  le droit  à  une information  claire , loyale  et  appropriée  sur  son  état …

 

 

Comment  ,  comment  aborder  la  personne …?

«   Faire  le  calme  en  soi…et  entendre la  personne  …l’  entendre  et  lui  faire  répèter  sa  question …que  demande – t- elle …? »

 

« Se  centrer  sur  la  personne …lui  permettre  de dire  sa peur …l’  amener à identifier  ce qui  est  le  plus effrayant pour  elle … »

 

« La  maladie  modifie  la relation  aux  autres »…

 

 

Essentiel…essentiel  et  difficile … »  donner à  espèrer » …au dela  et  contre  tout …l’  Espoir …doit  rester  au  coeur  de  la  relation…

 

Il  n’  y  a  pas  de «   bonnes  annonces  » …!

 

Il  se  peut que le soutien  par des personnes ayant  traversé  ce  chemin de  souffrance soit  un réconfort …l’ espoir authentique  du  soignant a  toute  son  importance  aussi …

 

Fiasant  référence  à  un  tableau de  P.Picasso…y  apparaissent  plusieurs  visages …celui d’ un médecin  au chevet d’  une  personne malade…le médecin  , le visage  audtère  qui prend  le  poul …de l’ autre  côté  du  lit ..une  femme …une  religieuse qui  regarde avec  intèrêt  et  compassion  la  personne  couchée  tout  en  portant dans ses  bras  un  enfant …

 

 » Les  deux  visages …cette  femme  apporte  ce dont   la  science dans  sa  rigueur  » ne saurait faire  don…

 

« La  personne  qui  soigne  se  doit  d ‘  avoir  ces  deux visages …être accompagnant  dans une relation  vivante … »

 

 

Et , de cette  annonce …que  dire  encore …?

«   Toute  situation est unique …se dire  que  nous  ne savons rien de c eque  la  personne peut ressentir …entendre et comprendre…

L’  annonce , c’  est  «   dire  le difficile  à  dire …les premiers mots  sont essentiels ,et marqueront à  tout  jamais l’  imaginaire  du  sujet malade et  sa relation  à  la  maladie  … »

 » La  personne quitte  l’  univers  des  ‘biens - portants’ …et  ce  bouleversement engendre  des repercussions tant à  propos de  la représentation de soi- même , de son c orps …de l’  avenir… »

 » Il  y  a  déconstruction …phase  ,  qui  se pouvant  d’ être acceptée  …seulement nulle  méthode , voire  ‘ recette ‘ qui  puisse  s’ appliquer …se transmettre pour  cette phase  d’  acceptation …’ nous  sommes  euls  ,  chacun face  à  ce renversement …ce choc  qui relève d’ un traumatisme , celui-  ci  faisant écho   avec  ceuxqui  ont  déjà  traversés  nos  vies …

Si  ,  l’  acceptation  est de l’  ordre  du  possible … alors  » il  y a  reconstruction …reconstruction psychique et là , la  notion  du temps  prend  une  autre  dimension … »

Nous sommes  déjà  confronté  à  la multiplicité de la  temporalité … »  le  temps  médical  n’ est pas celui  de la personne  malade qui , peut  ne pas  encore  avoir  ‘  digèré ‘  l’  annonce , alors  que  le  médical  est déjà  dans l’  action »

Dans  ce tourment ,  «   personne ne marche  au  même pas « 

« L’  angoisse  de la mort  est  présente…et  inévitablement  enclenche des mécanismes de défense…et la  personne  peut éviter  tout  sujet  traitant  de  sa  maladie … »

 

«   Il  sera  peut – être davantage  pertinent de parler d’ une  continuité  d’  annonce …la  personne avance  dans la prise  de conscience de sa maladie … et  celle  -  ci  est  toujours en mouvement … »

 

« L’  annonce  peut – être  sructurante si  elle tient  compte de la particularité  de la personne , tente de s’  aligner sur  son  ressenti  , sa  singularité …la  vérité est du  côté  de la personne malade … »

Comment  entendre  cette  demande…? : » Je  veux la  vérité « … »ce qu’ il  est  fondamental d’ entendre dans  cette  requète c’ est le fait  que  la  persone  veut  savoir  ce qui  est et  en  même temps  , cette  même  persone  dit ‘ mais ne  me désespèrer pas!’

 

«   Ouvrir sur  un  espoir  réaliste  » …nul  ne  sait  de quoi  sera  fait l’  avenir …

 

Et , au  cours  des  soins … » la  personne  sait  comment  elle  désire  être  soignée…elle peut  avoir  besoin de  se laisser  complètement  materner  pendant un  temps …à nous d’ être prudent et  attentif  aux  mots  …et ,  n’  oublions  pas de nous interroger  quant à notre position face à  la maladie … »

Et  des  mots  qui  nous  viennent  .. »  ayons confiance  dans les mots  que nous prononçons …être présent dans  les propos  que  nous  énnonçons …

 

Et  , de l’  impact  sur  les enfants… » sensibilisons les parents  …qu’ ils  mettent des mots sur  les  évenements … »  ne laissons pas les enfants  , eux mêmes  donner une significetion et une  explication …la  culpabilité  couve  et  peut  devenir  trop lourde  pour  des enfants  …

 

Annoncer …comment ?

 

«   S »  assoir …être dans  une  attitude  de présence    …une  disponibilité offerte…prudence  dans l’  usage des mots  à  connotation  trés lourde… »

Ce  qui  émerge …ce qui  est  trés lourd  … »  l’  incertitude …état d’  angoisse  insurmontable… »

Alors , essentielle  » est la  manière dont les mots  sont amenés …selon ,que  ce soit  adapté …cela  peut rassurer … »

 

Ce qui  est  » capital ,  c’ est d’  accompagner …toujours…

Soulager…souvent…

Guèrir …parfois… »

 

« La  personne  soignante …au  centre  de  ce questionnement  …l’  angoisse  de la mort …enclenche  la  mise  enroute  des mécanismes de défense…il n’  y  a  pas  de bons  et de mauvais  soignants…tous  peuvent et  sont  compétents …

Et ,   tous  se  doivent d’  affronter  leur  peur pour  encore  mieux  accompagner … »  même en fin de vie  , il y a  toujours  quelque  chose à  faire pour  la  personne … »

 

Et , de conclure  que  l’  annonce  est une obligation… » il y  a obligation  de  dire …non  pas  obligation  d’  entendre …l’  annonce est une  violence , une  double  violence… »

 

 » L’  Homme  a  besoin des paroles de l’ autre pour  se parler à lui- même…pour  affronter  son  angoisse de la mort  et donner un  sens à  sa vie  »  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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